Watsu, Paris, eau chaude
Watsu, Paris, eau chaude
Watsu Paris France
Watsu Paris France

« La poétique du Watsu » par Harold Dull

Texte publié dans Watsu. Freing the Body in Water (chapter VI)

et traduit en français par Philippe Quillien

 

 

Hier, en m’interviewant pour un article sur le Watsu à paraître dans East West Journal, Bill Thomson faisait remarquer que le groupe de poètes de San Francisco dont je faisais partie à la fin des années 50 et dans les années 60 était précurseur des mouvements actuels d’élévation de la conscience. L’exploration des correspondances entre alors et maintenant éclaire les origines et la nature du Watsu.

 

Un jeune poète

 

Je ne peux imaginer un endroit plus excitant, pour un jeune poète, que San Francisco à la fin des années 50. En plus des réunions, presque chaque nuit, au bar The Place[1] de North Beach et des lendemains matins sur la pelouse du Parc aquatique, il y avait les rencontres régulières du dimanche où nous nous lisions nos derniers poèmes. J’étais accro à l’écriture et à l’état dans lequel j’entrais quand un poème venait tout seul. Un état que je qualifierais d’absolue clarté, d’écriture dans la lumière. Rien ne peut se comparer à cet état. Je fuyais la religion, la famille, l’armée, la psychanalyse et tout ce qui risquait de porter atteinte à ma condition de poète (y compris les drogues).

Isolement

 

Mais, au fil des années, tandis que la « scène » de North Beach se désintégrait dans les brumes de l’alcool, je passais de plus en plus de temps à l’étranger (deux ans en Europe, un au Canada et trois au Mexique). Je n’avais plus l’audience que les rencontres du dimanche et la publication de mes livres par White Rabbit et Open Space m’avait procurée. Je devenais de plus en plus isolé, un isolement d’autant plus complet que je me voyais moi-même comme un « poète » au-dessus du commun des mortels. J’écrivais de moins en moins.

 

En découvrant le travail corporel, je trouvais une manière de sortir de cet isolement. Dans le Watsu, je trouvais une façon d’entrer dans d’autres états comparables à celui que je ressens quand un poème vient très clairement.

 

Correspondances

 

Je vois de nombreuses correspondances entre la poétique qui se développait à la fin des années 50 et ce qui se passe dans le Watsu. En tant que poètes, la priorité était de libérer le langage de ses habituelles restrictions et limitations, juste comme elle est dans le Watsu de libérer le corps. Tous les deux sont basés sur la respiration et les rythmes libres. Tous les deux recherchent des espaces qui nous offrent des possibilités au-delà de ce que nous pouvons prévoir. Influencés par le Zen, tous les deux sont des pratiques qui se fixent sur l’ici et maintenant et nous mettent en contact avec l’inconnu. En faisant l’apologie du genre de liberté qui est le leur, tous les deux se trouvent en opposition avec les formes académiques plus traditionnelles ; et découvrent la forme en brisant les formes.

 

Un poème en mouvement

 

Dès le début, j’ai conçu le Watsu comme une sorte de poème en mouvement. Je peux voir mes premières habitudes de travailler et corriger les poèmes réapparaître dans ma manière de mettre au point les enchaînements de Watsu pour mes étudiants. Je sens, quand le Watsu est très libre, une créativité à l’œuvre. Cela est extrêmement important dans le Watsu. Il y a un besoin, une pulsion de créativité en chacun de nous. Plus le donneur sollicite sa créativité, plus le receveur sent s’ouvrir des espaces auxquels il n’aurait pas accédé autrement. Quand nous allons au-delà de notre esprit conscient et laissons aller son besoin de contrôler, quelque chose prend le relais qui connaît à un niveau bien plus profond ce dont a besoin l’autre (qui n’est plus autant un « autre »).

 

La libération du corps, du cœur et de l’esprit

 

Le fait de voir les origines et les effets du Watsu partiellement enracinés dans cette énergie créatrice complète deux autres aspects de son origine sur lesquels j’ai déjà écrit : l’aspect physique et émotionnel (le besoin de la relation avec les autres). Les deux premiers aspects sont le corps et le cœur et le troisième (et la clarté qui le caractérise) est l’esprit. Le mouvement du Watsu, sa danse, libère le corps. La proximité et le maternage du Watsu libère et ouvre le cœur. Et son jeu créatif et sa spontanéité libèrent l’esprit.

 

[1] NdT : « The Place was the name of a bar in San Francisco in which poets met and hung out. » (courriel de Harold Dull, 19 septembre 2018) North Beach est un quartier de San Francisco dont l’animation nocturne a attiré les artistes de la Beat Generation.

 

 

Prochains cours de Watsu 1

du 7 au 12 juin 2021 dans le sud de la Sarthe (2h/3h de Paris)

Plaquette Watsu1 / Watsu Basic - 7-8 juin 2021
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Plaquette Watsu1 / Flot de transition - 9-12 juin 2021
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Prochain cours de Watsu 2

à l'automne 2021
dans le sud de la Sarthe (2h/2h30 de Paris)

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