Watsu, Paris, eau chaude
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Watsu Paris France
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« Découverte » d’un 79e organe : le mésentère

La notion d’organe se montre assez incertaine. D’une manière qui peut sembler fantaisiste, les Chinois « traditionnels » nous prêtent 12 « organes-entrailles », comme le nombre des mois de l’année,  « bizarre, comme c'est étrange » (d’où l’horloge circadienne, 2 x 12 = 24, cela tombe bien !). Ce nombre 12 symbolise la perfection dans de nombreuses civilisations, d’où les 12 dieux de l’Olympe, les 12 étoiles sur le drapeau européen…

 

Les Indiens partagent cette manie de préférer les considérations symboliques aux données de l’observation, même en anatomie, d’autant que des raisons religieuses interdisent la pratique des dissections. Ainsi la Carakasamhita énumère très exactement 360 os, nombre fixé dès l’époque des textes védiques « pour établir un rapport entre le nombre des os et celui des jours de l’année, anciennement considérée comme formée de 360 jours » (Guy Mazars, La Médecine indienne).

 

De nombreux Occidentaux sous-estiment le nombre des organes, abusivement réduit à celui des organes vitaux, dont l’organisme ne peut se passer pour survivre, comme le cerveau ou le cœur. Selon Le Petit Robert, un organe, du grec organon, « outil », est une « partie du corps d'un être vivant (organisme) remplissant une fonction déterminée ». En 2016, les manuels d'anatomie distinguaient 78 organes présents dans le corps humain.

 

Et le mésentère dans tout cela ? Son existence est connue depuis longtemps puisque Léonard de Vinci serait l’auteur de sa première description. C’est l’attache pariétale de l’intestin qui a « un aspect godronné, plissé, comme les volants d’une jupe », et une épaisseur « très variable » (Patrick Bacqué, Manuel pratique d’anatomie). Pendant plusieurs siècles, les anatomistes l’ont considéré comme un banal assemblage de tissus conjonctifs discontinus. Rien à voir, donc, avec un organe qui doit avoir une indépendance structurelle et une fonction physiologique spécifique.

 

C’est en 2012 qu’à l’aide de différentes techniques de microscopie, J. Calvin Coffey, professeur de chirurgie à l’université de Limerick, et son équipe commencent à établir que le mésentère est un organe à part entière. « Jusqu’à maintenant il était considéré comme fragmenté, présent ici, absent là, avec un structure très complexe. La description qui en a été faite depuis plus de 100 années d’anatomie était incorrecte. Cet organe est loin d’être fragmenté et complexe. C’est simplement une structure continue. »

 

En 2016, ils rassemblent leurs preuves dans un article « The mesentery: structure, function, and role in disease » qui est publié dans la revue à comité de lecture The Lancet Gastroenterology & Hepatology (novembre 2016; vol. 1, pp. 238–247). Selon le professeur Coffey, après avoir établi l’anatomie et la structure, il faut travailler à comprendre la fonction. « Si nous comprenons sa fonction, nous pourrons détecter les anomalies et identifier les maladies ». Cette nouvelle discipline médicale, la « science mésentérique », devrait permettre une connaissance plus exacte et un traitement plus efficace des maladies de l’abdomen. 

 

Le plus connu des manuels d’anatomie, Gray’s Anatomy, n’a pas attendu pour procéder à une mise à jour et faire du mésentère notre 79e organe, avant peut-être une nouvelle révision. En effet, une technique récente permettant d’observer les tissus vivants grâce à une sonde laser, dénommée endomicroscopie confocale, a permis à une équipe de chercheurs américains de découvrir ce qui pourrait être le 80e – et le plus étendu – des organes humains : l’interstitium.

 

Ce réseau de compartiments interconnectés remplis de liquide, qu’on trouve dans l’ensemble du corps, était resté invisible en raison des techniques de microscopie utilisée (Petros C. Benias, Rebecca G. Wells, Bridget Sackey-Aboagye, Heather Klavan, Jason Reidy, Darren Buonocore, Markus Miranda, Susan Kornacki, Michael Wayne, David L. Carr-Locke & Neil D. Theise, « Structure and Distribution of an Unrecognized Interstitium in Human Tissues », Scientific Reports, mars 2018). D'après un communiqué de la New York University School of Medicine, une des universités ayant codirigé les travaux, ce nouvel organe, qui devra d'abord être validé comme tel par la communauté scientifique, pourrait apporter un éclairage nouveau sur « la fonction de tous les organes, de la plupart des tissus et des mécanismes de la plupart des maladies majeures ».

 

Philippe Quillien

The mesentery structure function and role in disease - The LancetGastroenterology & Hepatology - novembre 2016
The mesentery structure function and rol[...]
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Structure and Distribution of an Unrecognized Interstitium in Human Tissues- Scientific Reports - mars 2018
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Les prix igNobel 2017 de médecine et de physique décernés à desFrançais

Depuis 1955, les contributeurs du Journal of Irreproducible Results (Journal des résultats non reproductibles) commentent avec humour les publications savantes – avec ou sans guillemets – les plus surprenantes. En 1991, ils décident de distinguer par un prix spécial – le igNobel (mot-valise associant ignoble et Nobel) – les plus remarquables de ces recherches scientifiques « qui ne peuvent pas, ou ne devraient pas, être reproduites ».

 

Aujourd’hui, les prix igNobel des différentes disciplines scientifiques ne récompensent plus seulement les recherches douteuses, mais aussi celles dont les énoncés font « d’abord rire, puis réfléchir ». Le principal critère d’élection réside dans le caractère insolite des postulats. En anatomie, par exemple, le prix 2012 récompense une étude sur « l’aptitude des chimpanzés à reconnaître des congénères en regardant des photographies de leurs postérieurs ».

 

En septembre dernier, la 27e édition des igNobel s’est déroulée à l’université de Harvard. James Heathcote reçoit le prix d’anatomie pour une recherche parue en 1995 dans le très sérieux British Medical Journal et intitulée « Pourquoi les hommes âgés ont-ils de grandes oreilles ? » (« Why Do Old Men Have Big Ears ? », James A. Heathcote, British Medical Journal, vol. 311, 1995, p. 1668). Le chercheur britannique est le premier à établir scientifiquement une corrélation entre la taille des oreilles et l’âge des mâles de l’espèce humaine. La cause de cet agrandissement confirmé par d’autres études pourrait être liée aux propriétés physiques de leur cartilage (I. Ito et al., « A Morphological Study of Age Changes in Adult Human Auricular Cartilage With Special Emphasis on Elastic Fibers », The Laryngoscope, 2011, vol. 11, pp. 881-886). Enfin, il semblerait que cette déformation des oreilles modifie les performances auditives (Rik J. Otte et al., « Age-related Hearing Loss and Ear Morphology Affect Vertical but not Horizontal Sound-Localization Performance », Journal of the Association for Research in Otolaryngology, avril 2013, vol. 14, 2, pp. 261-273).

 

Le prix igNobel 2017 de médecine récompense des chercheurs du CNRS pour l’utilisation de technologies avancées d’imagerie cérébrale dans le but de comprendre les mécanismes neuronaux de l’aversion pour le fromage (Jean-Pierre Royet, David Meunier, Nicolas Torquet, Anne-Marie Mouly et Tao Jiang, « The Neural Bases of Disgust for Cheese: An fMRI Study », Frontiers in Human Neuroscience, octobre 2016, vol. 10, article 511). Après avoir exposé les participants à diverses photographies et odeurs, ils ont constaté que des zones très précises du cerveau étaient suractivées chez ceux que le fromage dégoûte. En fait, le fromage sert de modèle pour chercher à comprendre les raisons de l’aversion sélective pour des substances parfaitement comestibles.

 

C’est également un Français qui obtient l’igNobel 2017 de physique pour « l'utilisation de la dynamique des fluides pour répondre à la question : un chat peut-il être considéré à la fois comme un solide et un liquide ? » (Marc-Antoine Fardin, « On the Rheology of Cats », Rheology Bulletin, juillet 2014, vol. 83, 2, pp. 16-17 et 30). Selon Florian Gouthière, journaliste à la rédaction d'Allodocteurs.fr, « c’est une étude très drôle, volontairement absurde, mais qui interroge avec beaucoup de rigueur cette question. Et, images à l’appui (voir ci-dessous), on voit que la réponse n’est pas aussi évidente qu’il n’y paraît ! »

 

Philippe Quillien

On peut enfin retenir que le prix igNobel 2017 de biologie récompense la découverte d'une spécificité inattendue d'uneespèce d’insecte cavernicole du Brésil, dont les mâles ont unorgane sexuel interne, évocateur d’un vagin, et les femelles un organe externe, fonctionnant comme un pénis (Kazunori Yoshizawa, Rodrigo L. Ferreira, Yoshitaka Kamimura, Charles Lienhard, « Female Penis, Male Vagina and Their CorrelatedEvolution in a Cave Insect », Current Biology, 2014, vol. 24, 9,pp. 1006-1010).

The Neural Bases of Disgust for Cheese - Frontiers in Human Neuroscience -octobre 2016
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On the Rheology of Cats - Rheology Bulletin - juillet 2014
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Encore du nouveau du côté des thérapies complémentaires

Sur le terrain, nombre de professionnels de santé utilisent les médecines complémentaires ou alternatives, même dans le cadre hospitalier. Un rapport de mai 2012 fait ainsi le point sur l’offre et la politique de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris qui, dans son plan stratégique 2010-2014, a intégré un projet de développement des médecines complémentaires. Et un comité hospitalo-universitaire pour les médecines complémentaires (CHUMC) doit prendre en charge l’organisation de la recherche, de la formation des personnels et de l’activité de soins.

 

Plus de 15 traitements complémentaires différents sont en effet dispensés dans les 13 groupes hospitaliers de l’AP-HP :

 des traitements psychocorporels (en particulier l’hypnose, la relaxation, le toucher thérapeutique) ;

 des traitements physiques manuels (ostéopathie principalement) ;

 des traitements issus de la médecine traditionnelle chinoise (acupuncture).

 

En mars 2013, l’Académie de médecine elle-même consacre un rapport à ces « thérapies complémentaires » vers lesquelles se tournent des patients de plus en plus nombreux (près de 4 Français sur 10). Ce rapport vise à faire le point sur les connaissances scientifiques relatives à ces techniques, leur efficacité et leurs dangers éventuels, mais aussi sur la formation et les conditions d’exercice des praticiens et sur leur utilisation dans les hôpitaux. Il fait également « des recommandations propres à contenir au mieux le recours aux thérapies complémentaires dans un usage raisonnable ».

 

En raison du nombre de ces thérapies (plus de 400 réparties en 17 catégories), l’Académie fait le « choix arbitraire mais réfléchi » de seulement étudier quatre techniques : l’acupuncture, la médecine manuelle (ostéopathie et chiropraxie), l’hypnose et le tai-chi. Ce sont à la fois les plus riches en publications indexées et celles que privilégie l’AP-HP. Chacune de ces méthodes fait ainsi l’objet d’une description et d’une évaluation.

 

La description de l’acupuncture, de la théorie plurimillénaire du Yin et du Yang, des méridiens et des points d’acupuncture est remarquable de clarté et de concision. En ce qui concerne l’évaluation, l’Académie « estime que, dans l’état actuel des connaissances, l’acupuncture peut apporter un bénéfice aux patients souffrant de lombalgie ou cervicalgie chronique, de migraine ou céphalée de tension, d’arthrose des membres inférieurs, d’épicondylite, aux femmes enceintes éprouvant des douleurs des lombes ou du bassin et lors des douleurs de l’accouchement, et pour prévenir les nausées et vomissements induits pat la chimiothérapie anticancéreuse. Son utilité dans la fibromyalgie est incertaine. Son effet dans d’autres indications n’est pas exclu, mais n’est pas démontré. »

 

D’une manière plus générale, selon l’Académie, l’attention apportée par l’opérateur et la confiance qu’il inspire au patient interviendraient davantage que la technique employée. Pour dire les choses autrement, l’effet placebo constituerait le mécanisme d’action « le plus plausible » de l’acupuncture.

 

En tout état de cause, les analyses académiques sur la difficulté de prouver les bénéfices de certaines thérapies complémentaires s’appliquent pleinement au Watsu. Comment en effet concevoir un placebo satisfaisant ? Comment simuler une séance de Watsu ?

 

En conclusion, l’Académie, qui trouve excessif l’engouement du public en faveur des thérapies complémentaires, voudrait qu’elles restent à leur « juste place » : celle de méthodes adjuvantes pouvant compléter les moyens de la médecine. Sous cette réserve, elle juge leur introduction à l’hôpital public « acceptable dans la mesure où l’hôpital n’est pas considéré comme garant de leur efficacité, mais comme lieu d’exemplarité de leur pratique et espace ouvert à la recherche les concernant. L’expérience de ces établissements devrait contribuer à terme à l’élaboration d’un guide de bonnes pratiques destiné à tous les intervenants publics ou privés. »

 

Philippe Quillien

Académie Médecine - Rapport Thérapies Complémentaires - mars 2013
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AP-HP - Rapport Médecines Complémentaires - mai 2012
AP-HP-RapportMedecinesComplémentaires-20[...]
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Les thérapies alternatives en France

En France, certains se plaignent du manque de reconnaissance des médecines alternatives, en dépit des encouragements de l’Organisation mondiale de la santé, du Conseil de l’Europe et du Parlement européen.

 

Certes nous ne faisons pas partie des pays dits tolérants comme le Royaume-Uni ou les pays scandinaves. Mais les Français sont les premiers consommateurs de médicaments homéopathiques dans le monde (53% d’entre eux consomment presque les deux tiers de la production mondiale). Et la France est le deuxième marché européen des plantes médicinales, derrière l’Allemagne.

 

C’est pourquoi en octobre 2012, le très sérieux Conseil d’analyse stratégique, rattaché au Premier ministre, a publié une note d’analyse de 12 pages sur « la réponse des pouvoirs publics à l’engouement pour les médecines traditionnelles ».

 

Comme le Centre américain des médecines complémentaires et alternatives, il distingue trois familles :
 les thérapies fondées sur les produits naturels (plantes, minéraux, etc.)
 les thérapies fondées sur la manipulation (ostéopathie, chiropraxie, shiatsu, réflexologie plantaire...)
 les thérapies du corps et de l'esprit (yoga ou méditation par exemple).

 

En conclusion, cette note d'analyse appelle à une triple action consistant à évaluer les techniques, à encadrer la formation et la pratique des thérapeutes et à organiser l’intégration de ces médecines au système de santé lorsqu’elles peuvent contribuer à une prise en charge des patients plus complète.

 

Philippe Quillien

CAS - Note Médecines non conventionnelles - octobre 2012
CAS-Médecines_alternatives-octobre2012.p[...]
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Prochains cours de Watsu 1

du 7 au 12 juin 2021 dans le sud de la Sarthe (2h/3h de Paris)

Plaquette Watsu1 / Watsu Basic - 7-8 juin 2021
Watsu1-BasicWatsu - LaMercerie-7-8juin20[...]
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Plaquette Watsu1 / Flot de transition - 9-12 juin 2021
Watsu1-FlotTransition - LaMercerie-9-12j[...]
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Prochain cours de Watsu 2

à l'automne 2021
dans le sud de la Sarthe (2h/2h30 de Paris)

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